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Benin - Jour 3

Dernière mise à jour : 12 mars


On commence à dormir un peu. Quand il y a une panne d’électricité, nous ouvrons simplement la porte d’entrée. On est sur la plage, le vent est salvateur. Nous sommes en sécurité puisque sur la plage dorment deux policiers lourdement armés. Je me suis renseignée, ce sont des interventions préventives car il y a déjà eu de la délinquance maintenant contrôlée. De fait, on se sent totalement en sécurité. Par contre, si vous voyez un jour sur le net des photos de fesses blanches sur un lit blanc dans une hutte en bois, c’est probablement un de nous et les policiers sont des coquins.

Autre mystère de la plage sont ces gens qui, tous les matins, la balayent. Non, ils n ramassent pas les déchets, ils brossent inlassablement. La plage est lisse, c’est une certitude.

Donc, après un « bonjour mon ami » cordial aux policiers, nous allons déjeuner. Je voudrais vous décrire le buffet mais relisez les jours 1 et 2, ça ira plus vite !

Aujourd’hui était une journée off… Mais nous sommes le Rotary de Jemeppe et PP Nico a une idée à la minute. En discutant avec Cédric, un des profs de Sainte Marie, nous décidons de les accompagner à la cité lacustre de Ganvié. C’est un endroit à voir absolument nous dit-il et nous le croyons vu son expérience. Il trouve un moyen de nous ajouter à la visite et nous trouve un guide personnel.

Nous nous y rendons en voiture taxi avec notre fidèle Guy. Petite remarque concernant Guy. Comme tout le monde ici et même ailleurs, il change de vêtements tous les jours. C’est normal. Mais avec certains membres de notre groupe, les vêtements changent mais les prénoms aussi… C’est donc avec une sympathique poignée de main que Maria a accueilli notre guide Bienvenu. Hélas, elle saluait notre chauffeur Guy… Oups !

Nous rencontrons tout de même Bienvenu. Cédric nous avait dit que lors de son dernier passage, il l’avait trouvé exceptionnel. Bien que travaillant depuis de nombreuses années avec d’autres guides, il pensait que Bienvenu était meilleur. Ce n’était apparemment pas du tout de l’avis des autres guides présents. Non invités mais présents… Nous voilà donc au centre d’une dispute avec une dame guide, Bienvenu et Cédric… Mais il n’y a que des solutions dans ce pays. Finalement, c’est Bienvenu qui cède et va partager les bénéfices aujourd’hui.

Nous partons finalement avec 4 pirogues, 3 pour les élèves et profs, une pour nous 6 avec Bienvenu et le jeune conducteur. On n’est pas déçus. La visite est hautement culturelle et précise. Arrivés en 1717 dans l’espoir d’une existence paisible et libre, les autochtones ont commencé à construire des cabanes sur pilotis ce qui vaudra à Ganvié le surnom de Venise de l’Afrique.

30 000 personnes y vivent un mode de vie unique. Dès l’enfance, ils vivent sur et avec l’eau. Il existe des pirogues pour enfants et adultes. Nous avons croisé de très jeunes enfants qui naviguaient aussi facilement que les nôtres font du vélo.

La principale activité est la pêche. Les parcelles peuvent être privées, elles se trouvent dans des parcs de branchages appelées Acadja, se sont des sortes de forets artificielles. Ils y déposent les paniers et viennent les rechercher plus tard. Dans le reste du lac, on pêche à l’épervier, en lançant de grands filets. L’homme pêche, la femme vend.

Notre guide Bienvenu nous explique que puisqu’il a eu droit à l’instruction, il se bat pour que les enfants aillent à l’école également, ce que les parents ne trouvent pas toujours nécessaire.

Il y a deux saisons sur le lac, la crue et la décrue. La crue est un réel soucis car l’eau, trop haute, permet au poisson de se cacher dans les bas fonds.

Un autre souci majeur est la prolifération des jacinthes d’eau qui empêchent, à certains moments, les pirogues d’avancer. Pas de pêche, pas de nourriture.

Le trajet est vraiment agréable. Le petit vent n’est pas pour nous déplaire. Une pirogue de jeunes musiciens vient nous accoster. On danse, on chante (enfin, surtout les élèves). Un joli moment de partage encore une fois.

Bienvenu nous emmène dans un magasin de souvenirs. On les use, nos francs !!!

On traverse toute la cité. Les maisons sont vétustes, penchées, délabrées et partout, des enfants courent sans barrière de protection. Une nouvelle claque sur nos modes de vie et de surprotection de nos enfants…

Ce n’est pas tout ça mais on commence à avoir faim et soif. Les enfants ont toujours des sandwichs. Mais ils ont aussi des bacs frigo. Je n’étais pas trop d’accord qu’on se balade avec nos sandwichs à l’omelette dans un sac sous 39 degrés ressentis. On s’arrête donc dans un restaurant pour y déguster un savoureux bar. Quelques béninoises plus tard, nous reprenons notre route… Enfin, notre lac. chaise

Nous revenons sur la terre ferme et décidons d’accompagner à nouveau l’école à la pouponnière. Nous sommes accueillis par sœur Nicole qui nous explique le fonctionnement, nous fait une visite guidée et nous détaille leurs besoins. Le plus gros étant de payer les personnes qui s’occupent des enfants. Les enfants sont des orphelins de mère ou des enfants abandonnés (par exemple pour cause de mauvais œil), ils ont jusque 5 ans. Ensuite, ils retournent dans leur famille s’ils en ont ou confiés à l’orphelinat jusque 18 ans. Ils peuvent être adoptés par des béninois, ce qui, ne nous mentons pas, n’arrive que très rarement. Le Bénin refuse les adoptions hors pays pour risque d’esclavage. A 18 ans, c’est donc la débrouille.

Une fois de plus, je ne vais pas parler de l’expérience des autres. La mienne est sensiblement la même qu’à l’orphelinat : le gros caractère s’est jeté sur moi. Je me suis assise, il a grimpé sur mes genoux. C’est bon, c’est moi qui était adoptée. Les élèves sont arrivés avec un grand bac frigo rempli de sodas frais. C’est drôle et perturbant à la fois. Ils ne connaissent ni le produit, ni le goût. Mon petit hyper actif regarde la bouteille d’un air dubitatif. On lui a fait tremper le bout du doigt dans la bouteille de simili fanta. Il l’a mis en bouche puis s’est saisi du goulot pour en boire une gorgée. La bouteille est adoptée comme moi !

On rentre se rafraichir et se change et on va manger au bar de la plage. La veille, nous avions déjà été boire un verre. Apparemment, nous étions de trop gros fêtards car avant 22h, pour commander, il faut réveiller le serveur qui somnole sur une chaise. On les comprend. Ils travaillent sur la plage mais doivent marcher au moins 300m pour aller chercher des commandes ou changer de l’argent. Parfois, on attend 24h pour de la monnaie. On félicite l’honnêteté !

On mange donc à la belle étoile… Heureusement qu’il y a des étoiles parce qu’il n’y a plus d’électricité. Mais il n’y a que des solutions, ici ! Brochettes de bœuf (ne pas demander bleu, c’est frit) ou couscous. Un régal. On a même un peu de ketchup pour les frites mais à l’heure à laquelle il est arrivé, il n’y avait plus de frites. Toujours abreuvés à la béninoise, elle coule dans nos veines maintenant.

Retour hutte, dodo !

A suivre…

 
 
 

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