Benin- Jour 2
- rotaryjss
- 28 févr.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 mars

La nuit fut compliquée. Même si c’est joli dans les films d’époque, un ventilateur au plafond ne fait absolument pas le job d’une bonne climatisation. Conclusion : nous ne sommes pas encore acclimatés et je commence à redouter que nous ne le soyons jamais. Seul PP Nico, plus malin, a pu profiter un peu plus de l’air en dormant la tête à la place des pieds !
Une bonne douche rafraichissante et nous voilà prêts !
Petit déjeuner avec 6 membres du RC Cotonou United dont Charmed et Richard. Nicolas et Richard relisent les différents points de nos actions. Nous sommes bien d’accord sur de nombreux points et leur sérieux est gage de qualité. Nous arrivons pour faire un Global Grant et ils sont beaucoup plus habitués que nous dans ces procédures. C’est bien parti, cette affaire !
Pendant qu’ils discutent, nous écoutons et mangeons. J’ai oublié un point important de mon compte rendu du premier jour. Avant d’aller dormir, nous avons eu des sandwichs. N’ayant plus mangé depuis 8h, ils étaient les bienvenus. Même si chez nous une bière vaut deux tartines, nous n’étions pas repus avec les béninoises. Les petits sandwich à l’omelette ou au thon nous ont aidé à couper notre faim intense.
C’est donc avec une certaine joie que nous avons retrouvé les mêmes omelettes au premier petit déjeuner. Les mêmes pains aussi. Tout cela est accompagné de pots de beurre et de confiture aux abricots et de délicieux petits beignets à volonté. Oui, car l’omelette, on n’en a droit qu’à une seule. Il y a des frustrés ! Thé, café ou chocolat chaud et un succulent jus de bissap (hibiscus) complètent le festin.
Le ventre rempli et les idées fraiches, Nico demande quand nous pouvons aller visiter l’orphelinat avec Richard. Il téléphone au directeur et nous annonce que nous pouvons y aller maintenant. Il est 10h et nous nous installons dans le bureau du directeur à 11h30.
Des enfants arrivent d’un peu partout. Fausto a beaucoup de succès, les deux premiers se jettent littéralement dessus. Nous discutons avec le directeur. Il nous explique les travaux terminés et ce qu’ils ont fait des dons. Nous partons en visite. Quelle émotion de voir le nom de notre club ou de l’école dans les endroits refaits à nos frais. Cette reconnaissance fait chaud au cœur. Comme on dit « on ne fait pas ça pour ça » mais leur merci a vraiment un impact sur nous.
Que dire du contact avec les enfants… Chacun racontera son expérience. Je vais juste parler de la mienne. Une petite fille toute penaude arrive vers moi. Je lui tends la main, elle me tend la sienne. On marche quelques mètres. Je lui propose de la porter, elle accepte directement. Elle me tient, fort. C’est compliqué pour moi. Elle me fixe, me touche mais ne décroche pas un seul sourire. C’est un petit oiseau apeuré qui cherche le contact et moi, idiote, j’ai envie qu’elle me fasse un sourire pour me rassurer. Elle ne sourira pas. Elle reste sur moi et ça lui convient. Je fais un selfie. Elle me prend mon gsm. Toujours dans le but de lui décrocher un sourire, je montre des photos de mes chiens. Qui ne souriait pas en voyant ces mignonneries. Rien ! Par contre, elle veut scroller. Je la guide et elle passe de photo en photo. D’autres enfants arrivent, regardent la miss scroller les photos des chiens. Un garçon plus âgé veut toucher également mon gsm. Et paf, une claque sur la tête. Elle n’est pas prêteuse. Un second arrive pour toucher également. Re paf, une gifle. Finalement, sous son air de victime, ma nouvelle amie se révèle être une femme forte qui sait ce qu’elle veut et en impose. Je suis contre la violence mais une petite voix me dit « assume toi ma chérie, t’as pas le choix, continue ». Elle a un frère jumeau. Elle a du survivre dès la conception…
Je parlerai du sort de ces enfants dans le rapport du jour 3.
Nous repartons vers notre hôtel en faisant une halte par le dispensaire nouvellement accrédité. Il va servir à l’orphelinat mais également à la population locale. Comme les travaux que nous allons financer, il faut que ça profite au plus grand nombre. Ce qui est vraiment rassurant dans ces entreprises, c’est que ce qui doit être fait est fait et bien fait. Ils sont rigoureux et réfléchis. On est complétement rassurés de la collaboration à venir.
De retour à l’hôtel, nous allons manger chez Toussaint, le voisin restaurateur /ami/réceptionniste de l’hôtel/GO/on ne sait pas trop bien quelle est sa fonction mais on a tout ce qu’on demande. On constate vite que rien n’est problème ici, tout est solution.
Nous nous régalons d’un demi poulet alloco et frites. Certains membres dont je tairais le nom acceptent de la mayonnaise. Et on en a eu !!! Bon, à l’heure où elle est arrivée, il n’y avait plus que de la mayonnaise à manger mais on l’a eue !
L’après-midi, après une douche et un peu de repos, nous repartons, avec voiture et chauffeur, dans le centre de Ouidah. Nous cherchons des commerces pour faire quelques courses. Nous avons besoin de shampoing et savons.
Inutile de préciser qu’il n’y a ni Aldi, Carrefour ni Mac Do. Nous constatons qu’il n’y a même pas de coca, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, la surconsommation n’est pas arrivée ici. Ils ont tous des Iphone mais pas de coca. Ca laisse songeur sur les besoins de chacun.
Bref, sympathique journée shopping. Nous trouvons des cadeaux et nous sommes contents. Nous avons même eu droit à un pesonnal shopper qui s’est imposé négociateur. Petit malin qu’il est. Faire baisser les prix pour en récolter une commission semble être le sport national ! Finalement, on est tous satisfaits, ce qui est la base d’une bonne transaction.
Retour à l’hôtel, douche, repos puis resto chez notre ami Toussaint. Il nous a promis des gambas, on se réjouit de voir. On ne va pas être déçus. L’animal est à l’image des gens : généreux. Quand on a vu les insectes et les lézards, on ne doit pas être étonné de la taille des gambas. Elles sont géantes et succulentes. La petite marinade épices et citronnelle est une tuerie. L’émincé de poivrons oignons confits dans l’huile est tellement bon que le silence s’impose ! Je ne saurais pas non plus parler du goût de l’ananas en dessert…
Dans ce lieu atypique qui est à la fois restaurant et centre culturel, des danseurs répètent sur une estrade, musique à fond. Très vite, des jeunes du groupe vont les rejoindre. Ils dansent, ils apprennent des mouvements, l’ambiance monte. Après les musique africaines, ils lancent des raps français. Et là, la magie s’opère. La musique parvient à transformer instantanément des groupes d’individus complétement différents en une communauté unie. Ils chantent à tue tête, ils dansent en rythme, dans des mouvements coordonnés. La musique rappelle que nous partageons les mêmes émotions. Soirée magique.
Mais nous n’avons plus 20 ans et nous allons dormir, la tête et l’estomac rassasiés.
A très vite pour de nouvelles aventures.
Françoise




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